| Aperçu du "SYSTEME" |
| Contribution personnelle aux Assises Régionales du CFP-Auvergne à Thiers le 15 mars 1997 |
CHOMAGE ET DOCTRINES SOCIALES
Le chômage est le problème social majeur actuel reconnu de notre pays et de ses voisins; il a des conséquences morales majeures tant dans sa portée individuelle (toxicomanie, délinquance, illettrisme) que collective au sens large.
Un problème social majeur ne peut être ignoré d'une doctrine sociale, et avec ses conséquences morale, de la doctrine sociale de l'Eglise, même s'il peut être apprécié qu'une doctrine en cette matière ne doit pas coller de trop près à la conjoncture.
CHOMAGE: VIOLATION D'UN DROIT ELEMENTAIRE DE LA PERSONNE
Abstraction faite de la possibilité de tirer directement ses moyens de substance de la terre, il s'agit, pour toute personne, du droit de pouvoir "gagner sa vie" en se rendant utile à autrui, contre rémunération.
Or, ce droit ne peut s'exercer que dans un cadre institutionnel (du travail, du commerce, de l'artisanat, des professions libérales, etc.); hors de ce cadre l'exercice de ce droit est frauduleux (travail au noir, etc.).
Il y a trente ans grosso modo chacun pouvait s'inscrire dans le cadre c'est à dire travailler. Tel n'est plus le cas aujourd'hui : une évolution s'est opérée en contradiction avec le principal devoir de l'institution sociale qui est de préserver les droits élémentaires des personnes. L'institution pallie ce devoir en distribuant des subsides.
Lorsque l'individu reçoit des subsides (allocations, salaires déguisés) qui ne sont pas la contrepartie de son utilité réelle, il ne peut que douter de cette dernière et se résoudre à penser qu'il n'a plus d'utilité que comme consommateur.
Le contrat social impose à l'institution de ne pas interdire, par le droit ou par les faits, l'accès au travail sous peine d'exproprier l'individu de son droit le plus élémentaire.
CHOMAGE ET EXPROPRIATIONLe chômage actuel n'est pas un phénomène conjoncturel : depuis les années 70 il n'a cessé de croître de façon remarquablement régulière. Dans les années 60-80 des économistes ont crû devoir le corréler aux fluctuations monétaires (voir l'américain Philips et ses célèbres corrélation : stagflation, slumpflation , etc.). Depuis des études ont montré qu'il était étroitement corrélé au taux des prélèvement obligatoires basés sur le travail.
Les prélèvement obligatoires étant &origines légales, c'est à dire volontaire, les causes du chômage et des calamités qui en découlent sont donc de natures politique macroéconomique)
On va démontrer que, si le chômage n'est voulu politiquement en tant que tel par le Pouvoir, en raison de son impact médiatique fortement négatif, les causes qui le déterminent directement, sont elles, le résultat de décisions politiques (hypothèse de travail).
LE COMMENT ET LE POURQUOI DE L'EXPROPRIATIONOn va distinguer, sans doute un peu schématiquement, deux types d'activité de production des biens suivant la nature des biens produits : biens de haute technologie d'une part (aérospatiale (AIRBUS), grands systèmes de transports terrestres (TGV), télécommunications, satellites et fusées, électronucléaire (COGEMA, FRAMATOME, etc.), systèmes d'armements modernes (MATRA, DASSAUT), grands travaux de génie (BOUYGUES, GTM, etc.), biens de technologie traditionnelle d'autre part : nécessités de la vie courante (habillement, confort, automobiles, alimentation, etc..), pour ne parler que des marchandises, c'est à dire des biens qui peuvent "voyager".
Les activités du premier type génèrent des plus-values considérables, sont prospères et sont orientées vers l'exportation, mais n'emploient que relativement peu de personnes, lesquelles ont une qualification plutôt élevée. Ces activités sont bien entendu l'apanage des pays développés, grosso modo les "pays occidentaux"
On peut constater quotidiennement qu'en France, des pans entiers des productions de biens de technologie traditionnelle disparaissent; or il s'agit de productions auxquelles s'étaient voués par aptitude, par goût, mais aussi par la nécessité de gagner sa vie, le plus grand nombre de nos compatriotes.
Suivant toutes les théories macro-économiques, les biens ne s'échangent que contre des biens, la monnaie n'étant que le moyen d'échange.
Or il se trouve que les biens de haute technologie, relèvent de marchés d'Etat à Etat et que leur production est le fait d'entreprises sinon publiques (ce qui au demeurant importe peu) du moins à forte participation étatique, lesquelles sont en. outre très souvent dirigées par des quasi fonctionnaires, anciens hauts fonctionnaires, hauts fonctionnaires détachés etc., phénomène bien connu sous le nom de "pantouflage". On peut représenter sous une forme pyramidale la technostructure de la production, laquelle coïncide avec l'appareil d'Etat, c'est à dire avec le Pouvoir
.
Le schéma simplifié (ci-dessus) illustre la double circulation circulaire de biens et de monnaie; on y constate que les plus-values de la haute technologie exportée, qui se payent en retour par la nécessaire importation de bien de technologie traditionnelle, s'encaissent au sommet de la pyramide.
Il faut noter, à ce stade, qu'aussi bien la production des bien de haute technologie, précédée par les activités de recherche-développement (RD) que l'on peut imaginer, qui exige des investissements considérables, que le commerce international, sont un terrain de choix pour les financiers au sens large (banque, assurance).
Deux constatations s'imposent : on ne peut vendre d'avions et de satellites aux pays qui n'en produisent pas, que si on leur achète beaucoup de chaussures, de couverts de table, et de tricots, etc.; il faut de très nombreuses paires de chaussure, de tricots ou de couverts de table, ou même d'automobiles, en échange d'un avion, d'un satellite, ou d'une centrale nucléaire. Or on ne fera un tel échange que si l'on ne produit pas nous-mêmes les tricots, etc. à des prix compétitifs avec ceux de ces pays.
LE COMMENT
Une conclusion se déduit des constatations précédentes pour maintenir la doublé circulation le Pouvoir doit rendre non-compétitives les productions traditionnelles en les "taxant"; sans doute, les mêmes taxations (principalement du travail) s'imposent aux productions de haute technologie, mais les marchés, captifs, de ces dernières ne sont pas soumis aux même conditions de concurrence.
LE POURQUOI
Domaine plus polémique et plus subjectif, mais chacun peut tester l'hypothèse en observant les faits.
Les produits des "taxations" (internes), et les plus-values (externes) sur la haute technologie ont deux "vertus" pour le Pouvoir : lui procurer des moyens financiers, et rendre le citoyen dépendant de leur redistribution. Les moyens financiers lui procurent les moyens de la médiation, ou de la médiatisation, de la "pédagogie", pour expliquer que le chômage n'est que conjoncturel, que le système en place est bon et qu'il doit perdurer, etc. mais aussi s'attirer la reconnaissance de groupes ou d'individus par l'attribution de subventions, de primes, d'allocations, etc..
Si les produits de la "taxation" sont traités avec la rigueur de la comptabilité publique, il n'en n'est pas de même des "plus-values" qui relèvent de mécanismes de droit privé, et qui retombent, par le canal des sociétés d'équipement collectifs à travers "officines", et "fausses factures", en une pluie d'information propice au système. La compréhension de la relation médiatisation/chômage est tout à fait essentielle pour analyser les causes réelles et lointaines du chômage et ses conséquences (typiquement l'affaire Carrignon).
LES CONSEQUENCES
Economiques: la première, interne, est de rendre l'individu dépendant du Pouvoir et des producteurs d'autres pays pour ce qui est de ses besoins primaires, donc, à l'inverse de qu'il a été créé, incapable d'exprimer 'les choix de son devenir. (expliquer aux citoyens que ce devenir est entre de bonnes mains, qu'il a déjà été choisi, qu'il n'y a pas lieu de revenir sur le choix, etc..)
La seconde, tout aussi grave, est de rendre la collectivité dépendante des choix d'un pouvoir extérieur qui n'a pas toujours d'existence légale en tant que tel. (expliquer aux citoyens que leur confort dépend des économies d'échelle, que l'interdépendance économique des nations est un facteur de paix, etc.).
Morales : elle peuvent se subdiviser entre ceux qui subissent le chômage et ceux qui l'organisent.
Pour les premiers, s'agissant des plus pauvres, c'est le
désœuvrement, l'appauvrissement accru, la privation d'espoir, et pour les plus faibles, les dérives consécutives : drogue, délinquance, etc..
pour les seconds, s'agissant de gens "en place", et qui veulent y rester, c'est d'abord la pratique du mensonge compris soit comme une adhésion tacite à une doctrine économique dont ils ne veulent pas connaître les conséquences, soit comme une dialectique délibérément mensongère au motif par exemple de l'intérêt supérieur des citoyens, soit comme la Pratique de la corruption, naguère vivement dénoncée par le CFPC.
DU PARTAGE DE L'EMPLOI PARMI D'AUTRES SOLUTIONS PROPOSEES
Partager de l'emploi c'est à dire le temps de travail et finalement du revenu (solution à la mode préconisée par les syndicats (CFDT) mais aussi semble t'il, discrètement, par le grand patronat ( (Loi De Robien, CNPF) n'est-ce pas déjà admettre que le chômage n'a pas d'autres solutions, et n'est-ce pas déjà entrer dans la logique d'expropriation transformée médiatiquement en logique d'altruisme et de consensus?
Et si c'est bien le cas, que penser de telle ou telle famille d'éthique, qui préconise une telle solution et qui admet ainsi que le mensonge est utile?
Et si finalement le problème social majeur de notre temps était le contraire du discours de Vérité, c'est à dire le mensonge ?
Les lignes qui précèdent sont le résumé d'une réflexion d'une quinzaine d'année,s guidée par la nécessité, pour l'auteur, d'introduire des cours Propriété Industrielle donnés à des élèves de l'Université ou d'autres formations de Enseignement supérieur, par des considérations d'économie politique, l'auteur, ancien Conseiller prud'homme étant membre du Centre Français du Patronat , et de la Fédération Nationale Entreprise Moderne et Liberté (FNEML) |